Les Français toujours inquiets de l'avenir
Par Nicolas Bouzou, cabinet Asterès
Certes, le moral des ménages recule encore (- 2 points en juillet), enfonçant un niveau plancher historique. Le niveau de confiance fait essentiellement les frais de la hausse passée des prix qui obère le pouvoir d’achat. Pour résumer, la plupart des salaires augmentent à un rythme compris entre 2 et 3% par an, alors que l’inflation tourne désormais autour de 3,5%. La perte de pouvoir d’achat ressentie par les ménages n’est donc généralement pas une vue de l’esprit. Pour aller vite, on peut en outre affirmer qu’elle est plus forte pour les petites rémunérations.
Pourtant, la livraison de l’INSEE de ce matin recèle au moins un point positif. L’opinion des ménages sur l’avenir ne se dégrade plus. Le solde relatif aux perspectives financières personnelles regagne 2 points, et les perspectives d’évolution des prix se modèrent légèrement. Ce dernier point est important dans la mesure où c’est bien le refroidissement des anticipations d’inflation qui devrait permettre à l’économie française d’éviter d’entrer dans une spirale prix / salaires destructrice.
Certes, il serait malvenu de se réjouir ostensiblement de ces menues améliorations. D’une part, ces indicateurs de confiance étaient tombés à un niveau tellement bas que leur marge de baisse potentielle était mécaniquement devenue très mince. D’ailleurs, globalement, les anticipations sur l’avenir, même si elles ne se dégradent plus, demeurent mauvaises. D’autre part, ces modestes améliorations n’ont pas d’effet sur le solde relatif à l’opportunité d’effectuer des achats importants, lequel reste, lui aussi, très bas.
On note également une forte remontée de la part des ménages anticipant une remontée du chômage ces prochains mois. C’est un facteur nouveau, lié aux problèmes de croissance économique tels qu’ils sont directement perceptibles par les ménages (recul de la consommation, baisse des prix de l’immobilier, moindre dynamisme du marché du travail…). Ce point est problématique car il donne l’impression que, même si les anticipations d’inflation s’apaisent, la dégradation du marché du travail prendra le relais pour tirer le moral des ménages vers le bas.
Globalement, ces chiffres restent donc mauvais et continuent de faire peser une hypothèque sur la consommation des ménages. À cet égard, après le mauvais chiffre de juin (-0,4% pour les achats de produits manufacturés), il n’y a pas de raison d’observer, à court terme, de redressement de tendance. Or, sans consommation des ménages, pas d’amélioration globale de la conjoncture française à attendre.
29 juillet 2008
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